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Lycéenne le jour, sans-abri la nuit : le témoignage de Marie, 18 ans et SDF

Publié le 8 Janvier 2017 par V.R in France, République

Image d'archive

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"C'est impossible de fermer les yeux. Il y a toujours une peur. Tu te demandes : 'est-ce que je vais me faire agresser ou pas, qu'est-ce qui va se passer ?' La nuit est hyper longue. Et il fait hyper froid." Avec ses mots, ceux d'une lycéenne de 18 ans, Marie* nous raconte la rue. Comment, avec sa mère et sa sœur de 17 ans, elle s'est retrouvée sans toit pendant dix jours consécutifs en novembre 2016. Comment, la nuit venue, toutes les trois se sont blotties dans des Abribus, des parkings, ou encore dans une gare de la région parisienne. Et comment, le jour, elle essayait de suivre les cours.

Marie est en terminale au lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Et dans son établissement, elle et sa sœur ne sont pas les seules à se retrouver sans domicile fixe. Cinq autres élèves subissent le même sort. Chacun a une situation particulière, mais tous ont en commun d'avoir dormi à la rue quand le 115, saturé, ne répondait plus. Il y a aussi de longues nuits passées dans une voiture. C'est pourquoi les professeurs du lycée appellent à manifester devant la mairie de Saint-Ouen, jeudi 12 janvier à partir de 18 heures.

Comment un élève se retrouve-t-il à la rue ? Souvent, la situation bascule très vite. Marie est arrivée en France il y a sept ans. Tout se passe bien. Jusqu'au moment où sa mère perd son emploi et a des problèmes de santé. 

"Ma mère avait un travail, comme tout le monde. Mais elle a été virée. On vivait dans un logement de fonction. Ils nous ont dit de quitter le logement."

Lycéenne le jour, sans-abri la nuit : la jeune fille mène une double vie pendant dix jours. Sans qu'au lycée personne, ou presque, n'en sache rien. Le fait de dormir à la rue est vécu comme une honte. Aujourd'hui encore, Marie est une anonyme, parmi les quelque 1 000 élèves de l'établissement scolaire. Les élèves sans domicile fixe "ne savent pas forcément qui ils sont, même entre eux", relève Clémence Touboul. Cette professeure d'anglais, qui chapeaute et aide Marie, a souhaité assister à l'interview.

"Je suis quelqu'un qui reste toujours positif. Et après je me dis qu'il y a pire que moi."

Article complet ici: francetvinfo.fr

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